Traduction d’après le journal des soigneurs par Laurence CORNET

Nouvelles du mois: La 6ème extinction de masse sur Terre est plus rapide que prévu et se traduit par un « anéantissement biologique » de la vie sauvage, alerte une nouvelle étude. Plus de 30% des espèces de vertébrés sont en déclin, à la fois en termes de population et de répartition géographique. Les mammifères d’Asie du Sud et du Sud-Est sont particulièrement touchés: toutes les espèces de gros mammifères analysées y ont perdu plus de 80% de leur aire géographique.Environ 40% des mammifères – dont des rhinocéros, des orangs-outangs, des gorilles et de nombreux grands félins – survivent désormais sur 20%, voire moins, des territoires sur lesquels ils vivaient autrefois. Le déclin des animaux sauvages est attribué principalement à la disparition de leur habitat, à la surconsommation des ressources, la pollution ou le développement d’espèces invasives et de maladies.  Le changement climatique pourrait aussi y contribuer de plus en plus. Ce mouvement s’est récemment accéléré. Cette « perte massive » en termes de populations et d’espèces « est un prélude à la disparition de nombreuses autres espèces et au déclin des écosystèmes qui rendent la civilisation possible. Les chercheurs appellent à agir contre les causes du déclin de la vie sauvage, notamment la surpopulation et la surconsommation.




L’évènement principal de ce mois de juin a été de dire adieux à Ukame, Wanjala et Galla, alors qu’ils sont partis pour la phase suivante de leur parcours dans Tsavo, à destination des palissades de réadaptation d’Ithumba tôt dans le mois. Ukame s’est progressivement habituée à monter dans le camion lors de la préparation pour leur déplacement à côté de ses amis. Néanmoins, le jour J, tous les orphelins ont suspecté que quelque chose allait se produire et sont devenus de plus en plus méfiants et ont été contraints à monter dans le camion, mais il n’y a pas eu de retard et à 3 H 30 du matin ils étaient sur la route. Le jour suivant, Mbegu, Maramoja, Pare, Lasayen, Rapa, Ndiwa et Mundusi semblaient plutôt tristes, monotones, la compagnie de leurs amis plus âgés leur manquant clairement. Ce jour là, ils sont restés près de leurs gardiens, ne voulant pas s’éloigner du groupe. Plus tard dans le mois, Maramoja, Ndiwa, Mundusi et Mteto se sont regroupés et se sont un peu plus éloignés pour aller brouter, sous la direction maintenant de Maramoja et de Ndiwa, faute d’Ukame, Wanjala et Galla plus âgés.

Un des orphelins au   caractère remuant a posé problème ce mois-ci, il s’agit d’Esampu. Nous savons qu’elle est une femelle espiègle, et en dépit d’être arrivée bébé, juste avec la peau et les os à la nurserie, elle a été une force de la nature dès le départ. Parfois elle est de mauvaise humeur et il n’y a que les gardiens qui peuvent la gérer. Parfois les autres l’ignorent et s’éloignent mais d’autres comme Ambo se défendent, la repoussant, et cela devient sérieux quand des combats éclatent ! Ce qui est intéressant cependant est, qu’en dépit de sa mauvaise humeur, Esampu commence à devenir bienveillante pour les plus jeunes comme Musiara et Sattao. Tagwa et Maramoja ont aussi développé des qualités de nounous, Godoma, Mbegu, Malima, Tamiyoi et Malkia s’occupant déjà des tout petits.

Mteto est une autre femelle un peu grincheuse et jusqu’à présent elle n’a pas montré de signe de tendresse envers les bébés ou envers Luggard qui boîte. Elle semble tout particulièrement détester Luggard et le pousse à chaque fois qu’elle le trouve par hasard, ce que naturellement les gardiens surveillent et empêchent. Mais parmi tous les grincheux de la nurserie, il y en a qui aiment faire des bêtises et faire sourire tout le monde. Ndotto en est un bien sûr, mais Jotto va être le prochain farceur, jouant et initiant de nouveaux jeux constamment. Kuishi et Tamiyoi sont deux autres femelles espiègles, observant pour tirer profit des situations. Par exemple, Kuishi grimpe continuellement sur le dos d’Esampu quand elle joue au ballon et qu’à chaque fois qu’elle le manque elle tombe, ou bien, à une autre occasion où elle s’est endormie sur un tas de terre, avec ses pattes avant et arrière débordant du tas. Tamiyoi, un jour, marchait tranquillement derrière Jotto et quand ce dernier s’est tenu au bord du bain de boue, elle l’a poussé dedans, avant de faire demi-tour tout en paraissant innocence du délit !

Malima est une femelle « étrange » avec un tel amour pour la boue ! Il est naturel que les éléphants emploient de la boue pour rafraîchir leur corps et parfois juste pour s’amuser, mais souvent elle est la seule à entrer dans le bain de boue, en dehors du groupe, tout particulièrement les matins froids où aucun des autres n’est enclin à le faire, mais Malima s’y trouve comme c’était prévisible. Le petit Musiara semble aimer l’eau exactement comme d’autres, se baignant sans se soucier du reste du monde et on le retrouve parfois   complètement submergé. Les femelles plus âgées comme Godoma et Mbegu gardent un œil sur lui.

Ce qui nous a quelque peu étonnés ce mois-ci a été la réaction de Rapa vis-à-vis du nouveau-venu du Mara, Sopat. Malheureusement ce petit a succombé suite à son piteux état vers la fin du mois, criblé de vers et   de parasites dans le sang, mais Rapa qui est connu comme étant un peu despote, s’est caché à l’intérieur de l’enceinte des palissades quand tous les autres partaient en forêt, afin de communiquer à travers les barreaux des palissades avec le petit quand il est arrivé. Nous avons été perplexes mais également heureux de le voir devenir un mâle bienveillant. Murit est le mâle le plus bienveillant de la nurserie et a apprécié de jouer avec tous les autres ce mois-ci. Nous sommes heureux de le voir en bonne santé et fort comparativement à il y a un an. Il a certainement lutté pour survivre, mais il s’épanouit maintenant et nous avons vu nettement une amélioration, ce qui est une victoire !

Kiko, la girafe, a reçu quelques visites de girafes sauvages ce mois-ci. Un jour, une femelle sauvage l’a approché dans l’enceinte des palissades mais il a couru au loin et pendant quelques jours, il n’est pas sorti pour aller dans la forêt, deux femelles sauvages ont décidé de revenir pour le revoir. Elles se sont avancées vers lui avant qu’il s’aperçoive de leurs présences et alors il les a observées pendant un moment avant d’aller encore se cacher ! Ce mâle, presque âgé de deux ans, est encore timide vis-à-vis des autres girafes.

Notre ex-orpheline rhinocéros Solio a rendu visite à deux fois   ce mois-ci à Maxwell. Ils se sont salué à travers les barreaux de sa palissade et ont joué en se cognant les cornes. A la seconde visite de Solio, Maxwell a été si enthousiaste de la revoir, qu’il a frappé très fort sur l’une des portes et l’a cassée. A l’aube, il est sorti et a surpris les gardiens désorientés autour de sa palissade ! Robert et Angela ont immédiatement été appelés afin d’improviser une porte pour son boma et l’attirant avec de la canne à sucre, il est rapidement rentré dans sa palissade et il est allé immédiatement s’allonger comme tous les jours. Heureusement Solio, dans le drame, était uniquement préoccupée par la luzerne donnée par les gardiens.
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